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Cosmétiques, composants toxiques dans les cosmétiques ?

Par Cornelia Dum, spécialiste en cosmétologie (non toxique)Cosmétiques, composants toxiques dans les cosmétiques

Parabens : réputés pour leur pouvoir allergisant, certains de ces conservateurs sont soupçonnés d’être cancérogènes et dangereux pour le développement du foetus.

Éthers de glycol : on sait depuis les années 80 qu’ils attaquent les cellules du sang, les gènes, la fertilité et sont même cancérigènes.

Phtalates : ces agents fixateurs ou vecteurs dans les produits cosmétiques sont classés toxiques pour la reproduction (le DEHP et le DBP sont les plus dangereux). Le DEHP provoque des troubles du développement des testicules et perturbe les hormones du foie.

Nous utilisons tous les jours, de la naissance jusqu’au dernier jour de notre vie, de produits d’hygiène, de soins, de beauté et des cosmétiques de bonne foi et en toute conscience sans se poser des questions et pour cause : nous les achetons souvent à la pharmacie et nous devrions, n’est-ce pas, être protégés. Qui plus est, il y a des organismes, des gouvernements, des lois et des gens qui sont payés pour que nous soyons en sécurité.

Qui s’est déjà demandé le matin en se brossant les dents s’il se faisait du mal? Et pourtant, tous les dentifrices vendus dans les grandes surfaces contiennent du triclosan [1] qui est un perturbateur hormonal.

Qui s’est déjà lavé les cheveux en pensant qu’il est en train de tester son système immunitaire? Et pourtant, la plupart des produits de bain, des gels pour la douche et des shampoings sont élaborés à partir d’un cocktail de produits chimiques, dont les plus employés sont le Sodium Lauryl Sulfate, le Sodium Laureth Sulfate, le Sodium Lauroyl Sarcosinate, le Sodium Laureth Sulfosuccinate, le Disodium EDTA, les PEG (qui rendent la peau plus perméable, facilitant la pénétration des corps étrangers) et le Cocamidopropyl Betaine. [2]

Interdit dans les peintures depuis 1948 car rien que ses émanations avaient provoqué des cas de saturnisme [3] chez les enfants, le plomb est pourtant présent en 2012 dans plus de 400 rouges à lèvres, révèle une étude de l’agence américaine FDA [4]. Il a été récemment montré (2007), que même à faibles doses, le plomb a un effet cytotoxique sur les cellules souches du système nerveux central. [5] Et nous ingurgitons en moyenne 60 mg de rouge à lèvre par jour ! [6]

En parallèle avec notre confiance aveugle bon enfant,  depuis une vingtaine d’années, plusieurs questions n’arrêtent pas de se poser, et ce, de plus en plus souvent : Sommes-nous véritablement protégés? Certains produits d’hygiène et de beauté sont-ils dangereux? Sont-ils nuisibles pour l’environnement? Sont-ils nocifs pour notre santé? Bref, les cosmétiques sont-ils toxiques ?

La réponse à ces questions est oui, comme le montrent les exemples cités plus haut, certains ingrédients dans la composition des produits de l’industrie cosmétique conventionnelle sont toxiques, cancérigènes, allergisants, perturbateurs endocriniens et/ou mutagènes. Il ne s’agit pas d’une opinion, d’un point de vue, d’une interprétation. « La majeure partie des doutes et des accusations sur les composants des cosmétiques découlent du fait qu’on admet enfin que les cosmétiques pénètrent la barrière cutanée lors d’applications régulières». [7]

Il existe des centaines d’études et de recherches scientifiques qui apportent des arguments, des évidences, des faits nouveaux dans ce sens et qui corroborent cette grave et alarmante réalité. [8]

Si l’argument suprême de l’industrie a toujours été dans « l’utilisation de la faible dose », voici ce que dit le regretté docteur Schreiber sur son site www.guerir.org [9]:

«  De plus en plus, l’exposition à de faibles doses est considérée comme un facteur suffisant pour que la toxicité soit réellement prise au sérieux et la question de « l’effet cocktail » de ces faibles doses vient s’ajouter aux préoccupations. L’effet cocktail énonce que si une molécule prise isolément peut être partiellement inoffensive, mélangée à une autre, provenant d’une autre source (solvants+phtalates par exemple), elles peuvent alors, en se combinant dans l’organisme, devenir des agents cancérogènes redoutables.

La multiplication des sources d’exposition à des molécules chimiques est une réelle source d’inquiétude pour de nombreux scientifiques. On compte actuellement plus de 30 000 molécules chimiques présentes dans le commerce n’ayant passé aucun test de toxicité ».

On pense souvent que les cosmétiques sont l’apanage des femmes coquettes ou des adolescentes, mais c’est une erreur. Nous sommes tous exposés à ces produits, dès notre plus jeune âge et quotidiennement, le savon, le shampoing et le dentifrice, ne sont pas des luxes, et la crème solaire non plus.

Si les femmes sont plus réceptives à ces informations (plusieurs études démontrent qu’une femme absorbe en moyenne 125 ingrédients de façon quotidienne) et que les sites web faisant des mises en garde au sujet des substances toxiques présentes dans les produits pour bébés prolifèrent sur Internet, les hommes, en grande majorité, pensent que, vu qu’ils ne teignent pas leurs cheveux et qu’ils n’utilisent pas de rouge à lèvres, ils sont donc hors de danger et pas concernés. Détrompez-vous messieurs! Tant et aussi longtemps que vous utilisez un shampoing, un conditionneur, un savon, un dentifrice, une crème à barbe, une lotion après-rasage, un parfum (éventuellement), un déodorant, un petit gel pour les cheveux rebelles, une crème à mains, ma foi! pour les journées froides de l’hiver ainsi qu’un baume à lèvres (mine de rien nous sommes rendus à onze produits pour un consommateur qui n’utilise pas de cosmétiques!), vous absorbez des ingrédients dangereux, peut-être même issus de l’industrie de la pétrochimie.

Malgré la présence de cette information de plus en plus fréquente dans les médias peu de solutions fiables et visibles sont offertes aux consommateurs envahis par des slogans publicitaires trompeurs, perdus entre le véritable et le faux bio qui dernièrement prolifère sans vergogne, semant encore plus la confusion auprès de la population, et un Programme des cosmétiques de Santé Canada [10] qui a pour mandat de protéger la santé de la population en réduisant les risques associés à la l’utilisation des cosmétiques vendus au pays.

J’entends souvent dans les médias l’idée qu’il est de notre devoir en tant que consommateur de vérifier les ingrédients, l’innocuité, la provenance (pour les OGM ce n’est même pas possible vu qu’il n’y pas de traçabilité du produit au Canada) des aliments, etc. Je le dis ouvertement, non, je ne suis pas d’accord ! Nous n’avons pas le temps, les connaissances, les motivations pour enquêter sur tout ce que nous consommons ! D’autant plus que cette tâche incombe généralement à la femme ou à la mère, qui souvent prend en charge la santé de toute de famille. Il est de la responsabilité des gouvernements de nous protéger d’une consommation toxique et destructrice pour l’environnement au même titre que d’autres dangers et agressions comme les guerres ou les pandémies.

Il ne s’agit pas ici d’un discours alarmiste ni accusateur, la dangerosité de certains ingrédients présents dans les produits d’hygiène et de beauté conventionnels étant un fait scientifiquement prouvé, les normes canadiennes sur les cosmétiques étant insuffisantes [11] et plutôt au service de l’industrie, il faut tout simplement faire preuve de prudence. En attendant des lois plus sévères, de nouvelles réglementations [12] des contrôles plus stricts et que la responsabilité prenne le dessus sur le profit, demeurons vigilants.

Des produits sécuritaires et efficaces existent et se vendent sur nos marchés, ils ont été développés, depuis plus d’un demi-siècle, par des visionnaires, des gens engagés, passionnés associant la beauté et l’hygiène à la santé dans le respect et en symbiose avec la nature. Il suffit de les connaitre.

Nous avons un immense pouvoir citoyen dont il faut se servir, demandez des produits moins dangereux, exigez des produits biologiques dans les pharmacies, dans les revues de mode, dans les boutiques pour adolescents et enfants. Visitez des boutiques de produits naturels reconnues pour les trouver plus facilement.

En plus, je crois qu’il est grand temps de se rappeler notre grand pouvoir de consommateur en faisant des choix plus éclairés et responsables.

Et je parle ici non seulement pour les produits de soins, mais aussi pour l’agriculture biologique et pour tout ce qui s’inscrit dans une démarche de développement durable et de respect de l’environnement.

Il est temps de réveiller le sens du collectif.

Cornelia Dum,  spécialiste en cosmétologie (non toxique) |  InfoNaturel.ca | Le 23 avril 2012

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Cette publication fait partie d’une série de 6 articles dont le but est d’informer, de sensibiliser et de susciter une réflexion chez les consommateurs au sujet des produits d’hygiène, de beauté et des cosmétiques dont les ventes mondiales atteignent environ 170 milliards de $ annuellement, dont 40 milliards en Amérique. [13] atteignent environ 170 $milliards de dollars par an. Il est distribué assez uniformément à travers le monde avec ~40 milliards de dollars dans les Amériques

À venir : Comment lire les étiquettes ?

Références:

http://corneliadum.com/guide/cremes-a-mains/

voir les 12 ingrédients à éviter du Rapport Ce qui importe c’est le contenu de la Fondation David Suzuki

http://www.davidsuzuki.org/fr/publications/telechargements/2010/Ce%20qui%20importe%20le%20plus%20%28FDS%202010%29.pdf

[3] L'ingestion ou l'inhalation de plomb est toxique. Elle provoque des troubles réversibles (anémie, troubles digestifs) ou irréversibles (atteinte du système nerveux). Une fois dans l'organisme, le plomb se stocke, notamment dans les os, d'où il peut être libéré dans le sang, des années ou même des dizaines d'années plus tard. L’intoxication par le plomb est appelée saturnisme. http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/le_plomb_toxique.pdf

[4]http://www.fda.gov/cosmetics/productandingredientsafety/productinformation/ucm137224.htm

[5] Li Z, Dong T, Proschel C, Noble M. 2007. Chemically diverse toxicants converge on Fyn and c-Cbl to disrupt precursor cell function. PLoS Biol 5(2):e35.

[6] http://corneliadum.com/guide/rouges-a-levres-et-gloss/

[7] Les cosmétiques biologiques à la loupe p.6

http://www.agrobiosciences.org/IMG/pdf/Dossier_cosmetiques_biologiques_octobre_2009.pdf

[8] Voir les chapitres Militants pour des cosmétiques non toxiques- Organismes, Fondations, Sites et Militants pour des cosmétiques non toxiques- Documentaires, Livres, Vidéos, Articles

http://corneliadum.com/guide/militants-pour-des-cosmetiques-non-toxiques-organismes-fondations-sites/

http://corneliadum.com/guide/militants-pour-des-cosmetiques-non-toxiques-documentaires-livres-videos-articles/

[9] http://www.guerir.org/dossiers/facteurs-de-risque-du-cancer/d-autres-facteurs-de-risques.htm

[10] http://www.hc-sc.gc.ca/cps-spc/cosmet-person/index-fra.php

[11] voir le rapport de la Fondation David Suzuki : La réglementation canadienne des produits cosmétiques a besoin de se refaire une beauté http://www.davidsuzuki.org/fr/champs-dintervention/sante/enjeux-et-recherche/substances-toxiques/la-reglementation-canadienne-sur-les-cosmetiques-a-besoin-de-se-refaire-une-beau/

[12] lire plus sur le vide législatif au Canada sur http://corneliadum.com/guide/lire-les-etiquettes/

[13] http://chemistscorner.com/a-cosmetic-market-overview-for-cosmetic-chemists/

Autre référence: http://www.consoglobe.com/cosmetiques-toxiques-1870-cg


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