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Les métaux lourds … une réalité à éviter pour nos enfants.

Par Céline Arsenault, ND.A.Métaux lourds

Les métaux lourds sont omniprésents dans nos vies et ils ne datent pas d’hier. L’étude des glaces polaires permet de découvrir l’histoire complète de l’atmosphère. « On peut grâce à des carottes glaciaires prélevées plus ou moins profondément, reconstituer la composition de l’air de différentes époques. Ainsi on a appris que la pollution par le plomb date de 3 000 ans et celle par le cuivre de 2 500 ans. » Maigre consolation : nos descendants pourront suivre à la trace tous les méfaits que nous aurons infligés à la Terre avec nos technologies de pointe et toutes celles à venir.

Les métaux lourds auxquels nous sommes exposés sont forts nombreux. Pour n’en nommer que quelques-uns pensons au plomb, au mercure, au cadmium, à l’aluminium, à l’arsenic, au cuivre, etc. Évidemment, les touts- petits sont plus à risque de subir les méfaits d’une surdose de métaux lourds, car leurs organismes sont en formation, en croissance. Leur faible poids limite aussi leur capacité de régulation et d’élimination de ces toxines environnementales. Autre fait non négligeable, c’est que la mère transmet à son bébé pendant la grossesse et l’allaitement une partie des métaux lourds qu’elle a, elle-même, accumulés dans son organisme…

Voici quelques exemples de métaux lourds auxquels nous sommes confrontés dans notre vie quotidienne. Premièrement, l’aluminium : les sources de ce métal sont nombreuses. Nous le retrouvons dans les antisudorifiques, dans les ustensiles et les casseroles pour la cuisine, dans le papier d’aluminium, dans la fabrication de plusieurs types de médicaments dont les antiacides, dans les cannettes de toute sorte, dans les boîtes de conserve, dans le sel de table, dans la poudre à pâte, dans les dentifrices, dans certains pesticides, dans la fumée de tabac, dans les gaz d’échappement des véhicules, dans les additifs alimentaires, dans certains vaccins, etc.

La science reconnaît qu’un haut taux d’aluminium dans l’organisme est préjudiciable à la santé. Il est incriminé dans le développement de l’Alzheimer, de l’ostéoporose, dans le ramollissement des os, dans les problèmes gastro-intestinaux, les coliques, les maux de tête, la fatigue, l’anémie, l’insomnie, l’irritabilité, les pertes de mémoire, les troubles de comportement, les troubles de concentration, etc. Des expériences chez les rats ont démontré que l’aluminium accélère le processus de vieillissement des structures nerveuses du cerveau. Fort heureusement, notre corps en élimine une certaine partie mais il ne faut pas faire exprès d’y exposer nos enfants…

La pollution par le mercure est aussi bien présente. C’est ce que révélait le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en 2003. L’activité humaine diffuse dans l’atmosphère 70% des émissions du mercure par l’exploitation des centrales électriques au charbon et les usines d’incinération, ce qui représente près de 1 500 tonnes d’émission de mercure par année tout en sachant que ce métal lourd est dangereux pour les hommes et les animaux. Outre la pollution de l’air qui nous apporte du mercure nous retrouvons ce dernier dans les poissons (les gros poissons sont plus à risques), dans les amalgames dentaires conventionnels (de couleur grise) et dans certains types de vaccins (sous forme de thimérosal) offerts en multidoses. De plus, avec l’avènement des ampoules fluorocompact, nous remettons ce métal toxique dans la circulation plus que jamais puisque chaque ampoule contient du mercure et que peu d’utilisateurs pensent à en disposer de façon sécuritaire dans les dépôts de déchets dangereux. Elles se retrouvent donc en abondance dans les sites d’enfouissement sans oublier qu’advenant le bris d’une de ces ampoules dans nos maisons, nous libérons sur le plancher 5 mg de mercure.

La recherche scientifique démontre que le mercure en petites quantités peut endommager le cerveau, le cœur, les poumons, le foie, les reins, la glande thyroïde, l’hypophyse, les surrénales, les cellules sanguines, les enzymes, les hormones et déprimer le système immunitaire. D’après Environnement Canada, de faibles concentrations de mercure peuvent avoir « une incidence sur la future capacité d’apprentissage et sur la coordination musculaire des enfants à naître ». Selon des études effectuées au cours de la dernière décennie, même de faibles taux de mercure dans le sang de la mère ou le lait maternel peuvent affecter le développement du cerveau de l’enfant, menant à des problèmes d’apprentissage et causant une intelligence inférieure.

Le dernier exemple sera celui du plomb. Ce métal lourd est plus présent qu’on voudrait le souhaiter dans notre environnement. Les industries canadiennes rejetteraient dans l’air un volume de plomb treize fois plus élevé, en moyenne, que les industries américaines selon les données d’un rapport de la Commission de coopération environnementale (CEE). Le Québec se classe au deuxième rang derrière l’Ontario comme émetteur de ce métal toxique au Canada.

Nous retrouvons du plomb dans la peinture des maisons construites avant 1950. Ces vieilles peintures contenaient jusqu’à 50% de plomb. Celles qui ont été construites ou les appartements peints entre 1950 et 1980 contiennent aussi du plomb, mais en moins grande quantité. Il faut donc être très prudent avec le décapage de vieilles surfaces peintes ou la démolition de murs peints. Ce travail devrait être fait avec un masque dans un endroit bien ventilé interdit aux enfants et aux femmes enceintes ou allaitantes. Nous pouvons aussi retrouver du plomb dans les végétaux cultivés dans des sols contaminés, dans l’eau de pluie, dans l’encre, dans la cendre de cigarette, dans certains insecticides et pesticides, dans les éviers et baignoires de porcelaine, dans certaines glaçures de poteries, dans la peinture de certains produits importés, dans les conserves importées de pays où la soudure au plomb est encore permise (ce qui n’est pas le cas pour le Canada et les États-Unis), dans l’eau du robinet provenant de vieilles tuyauteries, dans de multiples produits en provenance de la Chine, etc.

L’enfant est plus sensible que l’adulte à l’intoxication au plomb, car sa capacité d’élimination rénale est faible et son cerveau en pleine croissance est plus sensible aux éléments toxiques. Les signes banaux de contamination par le plomb chez l’enfant sont la constipation, de vagues douleurs abdominales, un retard scolaire, des troubles de l’attention et du sommeil, une pâleur liée à une anémie, de l’hyperactivité ou de l’agitation, de la colère excessive, des pleurs sans raison apparente, des problèmes de langage, des difficultés d’apprentissage et, à la limite, un retard intellectuel. Le plomb traverse la barrière placentaire et il est excrété dans le lait maternel. « Des études indiquent que le système nerveux est particulièrement sensible aux effets nocifs du plomb au cours des trois premières années de vie. »

Par ce cours article, j’ai voulu tout simplement vous sensibiliser sur le lien direct existant entre la santé de votre enfant et la qualité de son environnement. Si la pollution sous toutes ses formes vous interpelle, je vous invite à consulter le très bon livre québécois : Zéro Toxique de Marc Geet Ethier aux Éditions du Trécarré. On ne peut espérer aujourd’hui la perfection mais, nul doute, qu’on peut améliorer la qualité de notre milieu de vie par de petits changements bien ciblés. C’est ce que nous aborderons dans la prochaine partie de cet article.

Il est plus qu’essentiel aujourd’hui comme parents d’être proactifs dans cette prévention, car les métaux lourds s’ajoutent à un dangereux cocktail chimique. Plus de 75 000 substances issues de la chimie ont été créées en Amérique du Nord depuis les 50 dernières années. Connaît-on les effets croisés de ces substances? Non, c’est impossible à étudier. À peine connaissons-nous le seuil de toxicité de certaines substances prises isolément.

Alors que pouvons-nous faire au quotidien?

La première action logique serait de cesser de fumer pendant la grossesse et même avant idéalement afin d’aider le corps à éliminer une partie de ses toxines. Santé Canada nous révèle que « la nicotine que contient la cigarette peut nuire au bébé. La nicotine restreint le flux sanguin vers le placenta, ce qui fait en sorte que le bébé reçoit encore moins d’éléments nutritifs et d’oxygène qu’il ne lui en faut pour assurer un développement optimal. La nicotine, en outre, fait accélérer les battements du cœur de l’enfant. Quand la mère fume, elle expose aussi son bébé à tous les produits chimiques toxiques que contient la fumée du tabac. Il y a plus de 4 000 produits chimiques dans la fumée du tabac, dont 50 associés au cancer! Il est reconnu que l’usage du tabac affecte les bébés avant leur naissance. Les produits chimiques que contient la fumée du tabac sont transmis au bébé par le placenta. La nicotine fait accélérer le cœur du bébé et les mouvements de la respiration. Le bébé pourrait avoir des troubles d’apprentissage, être plus porté aux otites et aux rhumes que les autres et avoir des troubles respiratoires. » Le bébé et l’enfant devraient par la suite vivre dans un environnement sans fumée. Ce choix n’est pas un luxe, c’est une responsabilité parentale pour le mieux-être des enfants. Ceci étant acquis, nous pouvons passer à une autre étape : l’environnement physique.

Méfiez-vous des rénovations de vieilles maisons (bâtit avant 1978) ou de vieux appartements, car avec le sablage ou la démolition apparaît de la poussière source de plomb. C’est problématique chez l’enfant mais aussi chez la femme enceinte ou la femme allaitante, car elle transmettra ce plomb à son enfant. Les normes environnementales n’étant pas les mêmes dans tous les pays, nous devons porter attention à tout ce qui peut être en contact avec la nourriture de l’enfant ou encore les jouets peints qu’il pourrait porter à sa bouche. La vaisselle ne doit pas être écorchée ni les jouets fendillés. Si votre maison est munie de vieilles tuyauteries avec soudures au plomb, utilisez d’emblée un filtre à eau de style Brita qui éliminera une grande partie de ce plomb de même que le mercure ou le cuivre qui pourrait s’y trouver. Notez que le filtre Brita n’élimine pas le fluor qui a été ajouté à l’eau potable.

Vérifiez votre batterie de cuisine. Il reste souvent une grosse casserole en aluminium qui sert à la fabrication des sauces à spaghetti. L’acidité de l’aliment facilite le transfert de l’aluminium à la nourriture que nous consommons par la suite. Les fameuses casseroles à cuisson sous pression (presto) souvent utilisées pour faire des purées de bébé sont parfois en aluminium. Le papier d’aluminium, s’il est utilisé, peut fréquemment être remplacé par du papier parchemin qu’on retrouve à l’épicerie. Préférez des assiettes de verres aux assiettes d’aluminium lorsque vous cuisinez. Bannissez les antisudorifiques qui contiennent une forte proportion d’aluminium (et de zirconium). Ce que vous appliquez sur votre peau est assimilé en partie par cette dernière. Choisissez un déodorant naturel. Limitez l’usage des conserves et des cannettes en aluminium. Choisissez des contenants en verres lorsque vous le pouvez sinon ceux en plastiques sans BPA ni phtalate.

Évitez les amalgames dentaires conventionnels (les gris) qui ne contiennent pas de plomb (en référence aux plombages), mais plutôt un alliage de mercure (50%), d’argent (30%), d’étain (9%), de cuivre (9%) et un peu de zinc, selon le mode de fabrication. Il existe aujourd’hui des composites qui ne sont peut-être pas l’équivalent de la dent saine mais qui sont assurément moins nocifs que les métaux lourds. La dépose de mercure devrait être évité chez les enfants même si les dents réparées sont des « dents de lait ». Il existe bien sûr une controverse sur le sujet et dans le doute Santé Canada a émis un avertissement en 1996 qui disait que les amalgames ne sont pas conseillés chez les femmes enceintes et chez les enfants en bas âges, car ces derniers sont plus sensibles aux effets des métaux lourds. Néanmoins, il n’est pas indiqué pour un adulte de faire changer tous ses amalgames conventionnels au même moment, car la décharge de mercure sera trop importante. Mieux vaut y aller progressivement.

Investissez dans la santé de votre famille en achetant des aliments biologiques. Vous diminuerez ainsi une grande quantité d’intrants chimiques de toutes sortes tout en augmentant la valeur nutritive de votre panier d’épicerie. Et finalement, redécouvrez le plaisir de cuisiner vous-même vos repas. Ils seront frais, sans agent de conservation, sans gras trans, moins salés et moins sucrés. Vous avez tout à y gagner et vos enfants auront un modèle à suivre pour concocter de bons repas!

Comme je le répète souvent, nous ne vivons plus au paradis terrestre mais nous pouvons améliorer nos conditions. Il n’en tient qu’à nous les consommateurs d’avoir le courage de choisir autrement.

Par Céline Arsenault  ND.A.- Membre de l'Association des naturopathes agréés du Québec – InfoNaturel.ca - produits naturels - le 20 mars 2012

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Références:

[1] Jean Seignalet, L’alimentation ou la 3e médecine, François Xavier de Guilbert, Édition, 1998, p. 121.

[1] Non au mercure ! Guide Ressources (Ressources Santé), avril 2003, p. 42-44.

[1] Contamination au mercure, Ottawa révise ses recommandations sur la consommation de poisson. Le Soleil, le dimanche 21 novembre 2004, p. A 3.

[1]. Pierre Lefrançois, Pollution par le plomb : encore trop importante au Canada. Réseau Protéus, le 31 mai 2005. http://www.cec.org.

[1]. Santé Canada. Trousse d’information sur le plomb. http://www.hc-scgc.ca.

[1]. http://www.hc-sc.gc.ca/hp-gs/know-savoir/smoke_fumer_f.html


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